/Top départ pour les projections 
Les gradins du Campo Santo ont été pris d’assaut dès l’ouverture des portes, hier soir. © Dylan DUSARTLes gradins du Campo Santo ont été pris d’assaut dès l’ouverture des portes, hier soir. © Dylan DUSART

Top départ pour les projections 

Pendant la semaine professionnelle, le Campo Santo accueille chaque soir les projections de Visa pour l’image. Ces soirées retracent les événements marquants de septembre 2016 à août 2017. Hier soir, pour le lancement de ces « nuits à Visa », 2 600 personnes ont rempli les tribunes de l’ancien cloître.

 

20 h 45. C’est la foule des grands jours aux portes du Campo Santo. Des milliers de personnes font la queue dans l’attente d’être fouillées et de pouvoir assister à la première projection de la semaine. « Je préfère un Visa ultra sécurisé à pas de Visa du tout », expliquait en conférence de presse Jean-François Leroy, directeur du festival. Les portes en fer forgé finissent par ouvrir et près de 2 600 spectateurs se massent dans les tribunes.

Une heure plus tard, les lumières s’éteignent. Jean-François Leroy entre sur scène pour présenter sobrement les images du jour : Burning man au Nevada, Kim Jong-un en Corée du Nord… L’occasion de mener un petit tour du monde de l’actualité, sans oublier l’inévitable grossesse de Kate Middleton. « Mais au fond, on s’en tape totalement », s’amuse le directeur du festival. Les rires fusent dans le public.

Des projections très variées

Dans la foulée, la chronologie de l’actualité « septembre/octobre 2016 » envoûte le public. Un long silence s’installe, la musique envahit le cloître tandis que des centaines de photos défilent sur la toile. La mort du roi thaïlandais Bhumibol Adulyadej, le démantèlement de la jungle de Calais, le séisme en Italie, l’ouragan Matthew à Haïti… Tout y passe sauf l’État islamique. « On s’est rendu compte que nos chronologies devenaient une longue litanie : attentats, attentats, attentats… Que les photos finissent par toutes se ressembler », avait reconnu Jean-François Leroy lors d’une conférence de presse fin août. « Donner autant d’importance aux mecs de Daesh, c’est une responsabilité qu’on ne veut plus avoir. » Hier soir, la parole a été tenue.

Les photoreportages ont une large place aux projections. Hier soir, les spectateurs en ont découvert une quinzaine : la paix en Colombie (Nadège Mazars), les chiens de traineaux en Alaska (Katie Orlinsky), les affrontements ethniques à Myanmar (Brennan O’Connor) ou les Jeux paralympiques de Rio. Un hommage a aussi été rendu à Krzysztof Miller, photojournaliste engagé, disparu le 9 septembre 2016.

Après l’ultime sujet – « Rock against racism » (Syd Shelton) – sur la lutte contre le racisme par la musique dans le Royaume-Uni des années 70, les tribunes se vident rapidement. Nicolas Girard, en vacances à Argelès-sur-Mer, a passé une bonne soirée. « J’ai adoré celui sur les chamans en Sibérie, mais j’ai oublié le nom du photographe. » Sa copine renchérit : « Il y avait des photos un peu choquantes aussi, comme la chasse aux phoques au Canada… » Tous les deux ne reviendront pas cette semaine. Mais les gradins du Campo Santo seront à nouveau pleins, dès ce soir, pour la seconde projection.

DYLAN DUSART

Retrouvez ci-dessous la vidéo de cette première soirée :


© AURÉLIA BRACHET