/Stephen Dock au Népal
À l’aéroport de Katmandou, entre trois et cinq cercueils arrivent chaque jour, principalement des pays du Golfe, où les circonstances des décès sont établies par les autorités locales. L’ONG Pourakhi milite pour que des autopsies soient pratiquées au Népal et que les causes des décès soient élucidées. Avril 2017. © Stephen Dock

Stephen Dock au Népal

L’exposition « La traite des êtres humains, le fardeau du Népal » de Stephen Dock évoque le trafic d’êtres humains. Les femmes sont confrontées à la prostitution de masse, les enfants vendus à de faux orphelinats et arrachés à leurs familles. Les hommes partent, en quasi esclaves, dans les pays du Golfe sur des chantiers.

 

« Pour faire cette photo du cercueil à l’aéroport, on a eu une chance incroyable. » Habituellement, il y en a trois à cinq par jour qui viennent des pays du Golfe où les Népalais travaillent pour aider leur famille restée au pays. « Il y a des jours où il n’y en a aucun et d’autres où il y en a le double. Au départ, on est arrivé pour photographier des personnes qui partaient pour les pays du Golfe et on a rencontré un père, absent de l’image, qui venait chercher son fils décédé. »

La photo montre le retour dans un cercueil d’un jeune homme de 21 ans, Paban Kamar Pandit. Son frère et ses collègues accompagnent leur cercueil. Il travaillait depuis un an et demi sur des chantiers en Arabie Saoudite. « En faisant cette photo, je me suis senti super mal à l’aise. C’est étrange car quand je fais des reportages de guerre, je n’ai aucun problème. J’ai passé deux heures à attendre l’ambulance avec le cercueil à côté du père. Je me suis demandé ce que je faisais là tellement le moment était intime. »

ANTOINE MATTA