/Les prix à Perpignan, reflets de notre monde ?
Soirée de projection au Campo Santo © Mazen Saggar

Les prix à Perpignan, reflets de notre monde ?

Depuis son lancement en 1989, le festival Visa pour l’image a primé pas moins de 170 photoreportages.

Pour résumer en quelques mots l’actualité internationale de l’année écoulée, le palmarès du festival Visa pour l’image est une première ouverture. Les catégories « Presse Quotidienne », « Magazine » et « News » restent gravées dans les mémoires collectives. Cela étant, les titres que l’on peut qualifier de secondaires offrent aussi un panel divers des événements majeurs. Jusqu’en 1994, seulement trois prix* étaient attribués par édition, souvent pour une rédaction entière plus que pour un journaliste en particulier. Depuis 2012, ils sont une dizaine à repartir avec un prix décerné à Perpignan.

2016 confirme ce propos. Le nucléaire avec la conséquence des essais atomiques au Kazakhstan et les 30 ans de la catastrophe de Tchernobyl, l’arrivée de migrants en Europe, avec des reportages en Grèce et en Slovénie, ou encore les enfants-soldats en Colombie, dans une année où les FARC ont conclu un accord de paix avec le gouvernement… Autant de sujets qui ont fait l’actualité l’an dernier. Et qui ont été primés à Visa pour l’image.

Les Etats-Unis en tête, l’Océanie et l’Amérique du Sud délaissées

Ainsi, les Etats-Unis arrivent en tête des lieux de reportage primés à Perpignan. Le retour de soldats américains et le quotidien de familles désoeuvrées sont particulièrement traités par les photoreporters.

Au niveau statistique, la France se classe en deuxième position. Parmi les sujets récompensés figurent les webdocumentaires « Sarcellopolis » (2015, Visa d’or du webdocumentaire soutenu par RFI et France 24), de Sébastien Daycard-Heid, co-réalisé avec Bertrand Dévé, et « Le grand incendie » (2014) de Samuel Bollendorff et Olivia Colo, sans oublier la catastrophe d’AZF à Toulouse, Visa d’Or de la Presse Quotidienne en 2002.

Ailleurs, en Europe, pas moins de 44 reportages (sur les 172 au total) ont été primés. Ce qui place le Vieux Continent au même niveau que l’Afrique, qui a été mis à l’honneur à 40 reprises par le festival Visa pour l’image. Parmi les thématiques majeures, on retrouve les graves crises humanitaires en Afrique de l’Est, et les conflits armés au Darfour et en République Démocratique du Congo.

Andres Kudacki a reçu le prix ANI en 2015 ©Site Visa pour l’image

Le Moyen-Orient, en proie à de nombreux conflits depuis plus de dix ans, reste encore et toujours dans l’actualité des quotidiens et magazines. Ce n’est donc pas anodin de voir 25 reporters récompensés pour leur travail dans cette zone.

Point marquant à la lecture de ces prix : l’Amérique du Sud n’a bénéficié que sept prix de reportages sur son territoire, mais surtout, l’Océanie ne figure sur aucune ligne du palmarès ! L’Australie et la Nouvelle-Zélande sont délaissées. Le paradis des jeunes diplômés n’est pas celui des photoreporters…

MAXIME CHATAIGNER

*Presse Quotidienne, Magazine et News


Visa d’Or Presse Quotidienne : 20 ans d’actu en images

En 2016, le travail de Jaka Gasar et de Bojan Velikonja auprès des réfugiés de guerre à la frontière croate, en Slovénie, a ému le jury du prix du Visa d’Or Presse Quotidienne. Ce thème était ancré dans l’actualité internationale des derniers mois. Cela est une constante pour ce prix, le réel et l’instant sont au coeur de cette machine à trophées : le tremblement de terre à Sengdu en Chine en 2009, le tsunami au Japon en 2011 ou encore l’épidémie Ebola en 2015… Tous ont reçu le premier prix dans cette catégorie. Si la qualité du travail journalistique est célébrée à Perpignan, la teneur du sujet choisi l’est tout autant. Retour en images sur le palmarès de ce prix, qui fête cette année ses 28 ans.